top of page
Qi Gong Wuji Quan

Qi Gong Wuji Quan (氣功無極拳)

​​

​L’Art interne du Vide originel

​​​​​​​

​

Le Qi Gong Wuji Quan 氣功無極拳 est un art martial thérapeutique fondé sur les principes de la médecine traditionnelle chinoise et de la cultivation interne taoïste. Le Qi Gong Tuina et le Nei Dan traversent l'ensemble de sa pratique. J’en suis le fondateur, ainsi que du Xuan Wu Ling Dao 玄武靈道, l’une de ses pratiques fondamentales.

 

Sa pratique développe le relâchement, la mobilité, l’équilibre, la souplesse et une manière plus naturelle d’utiliser son corps. Elle nourrit la vitalité, renforce l’organisme et approfondit la connaissance du mouvement et du contact. Elle peut être utile aussi bien aux thérapeutes qu’aux pratiquants d’arts martiaux.

 

Dans son nom, Qi Gong 氣功 désigne la pratique du Qi 氣 ;

Wuji 無極, le Vide originel, l’indifférencié ;

Quan 拳, littéralement « poing », représente ici un art du corps et du mouvement.

​

​

Le Qi et le massage interne

 

Le Qi Gong Wuji Quan nourrit, mobilise et harmonise le Qi à travers ses quatre mouvements fondamentaux : montée (升 Shēng), descente (降 Jiàng), entrée (入 Rù) et sortie (出 Chū). Ces mouvements participent aux transformations du Yin/Yang et entretiennent les échanges permanents entre l’intérieur et l’extérieur du corps.

 

Chaque mouvement constitue un massage interne, un Qi Gong Tuina qui se propage à travers l’ensemble de l’organisme. Le relâchement, les spirales, les ouvertures et les fermetures mobilisent les muscles, les tendons, les articulations, les os et les moelles. Ils favorisent la circulation du Qi et du Sang dans les méridiens (Jing Luo), stimulent les points d’acupuncture et participent à l’harmonisation des fonctions des Organes et Entrailles (Zang Fu).

 

Cette mobilisation accompagne les mécanismes naturels de transformation, de transport, de nutrition et d’élimination. Elle contribue à dissiper les stagnations et entretient les relations entre les différentes profondeurs du corps, dont chaque partie participe à l’équilibre et à la vitalité de l’ensemble.

 

Une tension locale modifie l’organisation du corps entier. Lorsqu’elle se relâche, les appuis, les mouvements et les circulations se réorganisent. Le massage interne accompagne ainsi les transformations naturelles de l’organisme, nourrit sa vitalité et participe à la purification du corps et de l’esprit.

​

​

Le thérapeutique et le martial

 

Le Qi Gong Tuina occupe une place fondamentale dans le Qi Gong Wuji Quan. Par le contact, il apprend à connaître le corps : percevoir une tension, une articulation, une direction et comprendre comment une action précise se répercute sur l’ensemble.

 

Cette connaissance peut servir à libérer un mouvement, à accompagner une force ou à neutraliser une action. La main qui soigne et celle qui protège reposent sur les mêmes principes.

 

Une mobilisation peut devenir contrôle, une poussée peut être accompagnée puis transformée, une saisie peut devenir écoute de l’articulation. Le thérapeutique et le martial expriment une même connaissance du corps, fondée sur la perception du contact et une réponse sans force inutile.

 

Dans la pratique à deux, le partenaire devient un support d’écoute. Le contact révèle nos tensions, nos ruptures d’axe et nos réactions inutiles. On apprend à sentir avant d’agir, à suivre et à transformer le mouvement sans opposition de force, en laissant le corps entier répondre plutôt que les bras seuls.

 

Cette rencontre permet de mieux se découvrir en découvrant l’autre. Le mouvement, la protection et le soin naissent d’une même connaissance du corps.

​

​

Renforcement musculaire

 

Le Qi Gong Wuji Quan peut sembler doux et lent. Pourtant, cette lenteur sollicite profondément le corps.

 

Dans la médecine traditionnelle chinoise, le renforcement concerne un ensemble formé par les chairs, les tendons, les articulations, les Os, le Qi et le Sang. Un corps fort est capable de se maintenir, de transmettre les forces et de bouger sans tensions inutiles.

 

Dans les arts internes chinois, la force prend racine dans les pieds, se développe dans les jambes, est transmise par les hanches et la taille, puis se manifeste jusqu’aux mains.

 

Le Wuji Zhuang, les déplacements lents, les transferts de poids, les marches, les spirales et les transformations des hanches sollicitent continuellement cette organisation corporelle. Les jambes portent et absorbent le poids, les hanches transmettent le mouvement, tandis que le bassin, l’abdomen et le dos stabilisent l’ensemble.

 

Plus le mouvement devient lent et continu, moins il est possible de compter sur l’élan. Le maintien de la structure sollicite alors les jambes, les fessiers, les hanches, le dos, l’abdomen et les muscles profonds qui assurent la stabilité du corps.

 

Le relâchement permet de diminuer progressivement les tensions inutiles afin que les muscles nécessaires puissent agir avec davantage de justesse. La force repose ainsi sur l’unification du corps entier plutôt que sur la contraction volontaire de muscles isolés.

 

Le Qi Gong Wuji Quan développe un corps plus stable, plus solide et plus endurant, tout en préservant sa mobilité et sa souplesse.

 

Ces principes se retrouvent notamment dans le Huangdi Neijing, texte fondamental de la médecine chinoise, ainsi que dans les textes classiques du Taijiquan et des arts internes chinois.

​

​

Une pratique intérieure

 

La dimension profonde du Qi Gong Wuji Quan est le Nei Dan 內丹, l’Alchimie interne taoïste.

 

Le corps se relâche, la respiration devient progressivement plus longue, plus profonde et plus silencieuse, le Qi circule plus harmonieusement et le mouvement retrouve son naturel.

 

Cette cultivation concerne les Trois Trésors (San Bao 三寶) : Jing 精, Qi 氣 et Shen 神. En nourrissant le Jing, en harmonisant le Qi et en cultivant le Shen, la pratique accompagne une transformation progressive du corps et de l’esprit.

 

Dans le Nei Dan, le Jing se raffine en Qi, le Qi en Shen, puis le Shen retourne à la Vacuité. Ce raffinement accompagne la transformation du Houtian 後天, l’état acquis et conditionné, et la révélation du Xiantian 先天, la nature originelle.

 

Les tensions corporelles, les agitations et les attachements de l’esprit se dénouent progressivement, laissant apparaître le naturel.

 

L’unité n’est pas quelque chose à fabriquer. Elle est déjà là. Le Nei Dan purifie ce qui la voile.

 

Toute pratique est purification et prière. Cette prière se vit dans le corps, dans la manière de se tenir, de respirer, de marcher, de toucher, d’écouter et de prendre soin.

​

​

Du Wuji naissent les formes

​

Le Dao 道 est le Divin, la Réalité une dont rien n’est séparé. Du Wuji 無極 se manifeste le Yin/Yang 陰陽 ; de leurs transformations apparaissent les dix mille êtres.

​

Dans le Qi Gong Wuji Quan, toutes les formes et toutes les techniques naissent de cette même origine.

​

Le Wuji Zhuang 無極樁 constitue la racine et l’aboutissement de la pratique. Dans la quiétude, le corps retrouve son axe, les tensions se délient et le mouvement intérieur peut apparaître spontanément.

​

Cette qualité se prolonge dans les marches, les spirales, les transformations des paumes, les Liu He 六合, le Qi Gong Tuina, la pratique à

deux et les instruments traditionnels.

​

Les différentes parties du corps cessent progressivement d’agir isolément. Les marches portent cette unité dans le déplacement, les spirales accompagnent les transformations corporelles et les paumes peuvent recevoir, accompagner, ouvrir, fermer, monter, descendre, séparer ou réunir.

 

La forme extérieure naît du mouvement intérieur.

​

L’eau ne cherche pas son chemin. Elle épouse ce qu’elle rencontre et poursuit son mouvement. Il en est ainsi de la Voie.

​

​

Xuan Wu Ling Dao 玄武靈道

 

Le Xuan Wu Ling Dao 玄武靈道 appartient au Qi Gong Wuji Quan.

  • Xuanwu 玄武 est une figure sacrée de la tradition chinoise, profondément liée au taoïsme et à Wudang.

  • Ling 靈 évoque le subtil, le spirituel et le vivant.

  • Dao 道 désigne le Divin.

​

Les animaux sont des portes vers les transformations. La forme est d’abord apprise, puis son principe s’incarne dans le corps. Lorsque le principe devient vivant, il n’est plus nécessaire de rester enfermé dans une forme fixe.

​

  • Xuanwu 玄武 — la Tortue noire enlacée du Serpent

Xuanwu manifeste la profondeur, l’enracinement, l’axe, la stabilité et l’union du Yin et du Yang.

​

  • Le Tigre blanc 

Le Tigre développe la structure, la stabilité, la force calme et une présence corporelle entière.

​

  • Le Dragon vert 

Le Dragon manifeste la spirale, l’ondulation, la mobilité, la circulation du Qi et la transformation continue.

​

  • Le Phénix rouge

Le Phénix accompagne l’ouverture, la transformation, le rayonnement et l’affinement du mouvement intérieur.

​​

  • La Grue blanche 

La Grue manifeste la légèreté, la finesse, le calme et le silence.

​​

Lorsque leurs principes deviennent vivants, les animaux cessent d’être vécus comme des formes séparées. Leurs qualités peuvent se rencontrer, se transformer et apparaître librement selon ce qui advient.

​

​

Les instruments traditionnels

 

Les instruments prolongent le corps. Ils montrent très vite si le mouvement vient réellement de l’ensemble ou si les bras agissent seuls.

 

  • Le bâton 棍, introduit dès la première année, développe l’enracinement, l’axe, la continuité et la transmission du mouvement par le corps entier.

​

  • Le Fu Chen 拂塵, étudié à partir de la deuxième année, demande souplesse, continuité et finesse. Symboliquement, il balaie la poussière intérieure : agitation, attachements et tensions.

​

  • L’épée 劍, étudiée à partir de la troisième année, demande précision, clarté et stabilité du Shen.

 

Avec le temps, l’instrument cesse d’être vécu comme quelque chose d’extérieur. Le mouvement traverse le corps et se prolonge naturellement dans le bâton, le Fu Chen ou l’épée.

​

​

Lorsque la technique devient vivante

 

Une technique apprise reste une forme. Lorsqu’un principe est réellement intégré, il peut apparaître sous différentes expressions sans préparation préalable.

 

Marches, spirales, paumes, changements d’orientation, contacts et mobilisations se transforment alors selon ce qui advient. La forme apparaît lorsqu’elle est nécessaire, accomplit sa fonction puis s’efface.

​

Les techniques naissent du Wuji.

 

Plus la pratique devient profonde, moins il est nécessaire de rechercher la technique pour elle-même.

​

​

Aimer et protéger le vivant

 

L’Homme, le Ciel, la Terre et les dix mille êtres sont manifestations du même Dao. La pratique spirituelle se prolonge naturellement dans notre manière d’agir avec le vivant.

​

Écouter, accompagner, protéger et prendre soin font partie de la Voie.

​

La connaissance du corps donne aussi la responsabilité de savoir quand agir, comment agir et quand ne pas agir.

​

​

合道 Hédào — La Reconnaissance

 

La finalité du Qi Gong Wuji Quan est le retour à l’origine, où le corps, le Qi et l’esprit cessent d’être perçus séparément. Le pratiquant cultive sa vitalité tout en se libérant progressivement de ce qui entrave sa nature originelle.

 

Le mouvement et l’immobilité expriment alors une même réalité, dans l’unité du corps, de l’être et du Dao.

 

Lorsque les tensions s’effacent, le naturel apparaît. Lorsque la technique s’oublie, le principe demeure. Lorsque celui qui pratique s’oublie, le Dao reconnaît le Dao.

 

Dans le Qi Gong Wuji Quan, 合道 Hédào est la Reconnaissance.

​

Il n’y a rien à réunir qui aurait réellement été séparé.

​

Il n’y a que le Dao.

​

Du Wuji 無極 naissent les formes.

Le Nei Dan 內丹 purifie et transforme.

Dans l’unité, le Dao 道 s’exprime.

合道 Hédào : le Dao reconnaît le Dao.

​​

​

​​

無極化形歸道歌

Wújí Huà Xíng Guī Dào Gē

Chant du Wuji, de la transformation des formes et du retour au Dao

​​

Du Wuji naissent toutes les formes
無極生萬形
Wújí Shēng Wàn Xíng

​

Ne fixe ton attention nulle part et partout en même temps
心無所著,亦無處不在
Xīn Wú Suǒ Zhuó, Yì Wú Chù Bù Zài

​

Lorsque le Shen révèle sa quiétude dans le Vide
神於無極中顯其寂
Shén Yú Wújí Zhōng Xiǎn Qí Jì

​

Yin/Yang se transforment naturellement
陰陽自然相化
Yīn Yáng Zì Rán Xiāng Huà

​

Le mouvement naît du Vide et ne le quitte jamais
動生於無極,未嘗離之
Dòng Shēng Yú Wújí, Wèi Cháng Lí Zhī

​

Les transformations se suivent
變化相續
Biàn Huà Xiāng Xù

​

Ne t’attache pas au Vide, dissous-le
莫執無極,亦化無極
Mò Zhí Wújí, Yì Huà Wújí

​

Car il est encore un voile qui obscurcit le Dao
無極猶為蔽道之翳
Wújí Yóu Wéi Bì Dào Zhī Yì

​

Le Dao est la Mère, le Vide est sa matrice
道為母,無極為其胎
Dào Wéi Mǔ, Wújí Wéi Qí Tāi

​​​

​​

Ludovic Lopes
Fondateur du Qi Gong Wuji Quan 氣功無極拳
Fondateur du Xuan Wu Ling Dao 玄武靈道

​​​​​

Wuji Quan
L'Art du Qi Gong
bottom of page