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Qi Gong Wuji Quan

Qi Gong Wuji Quan (氣功無極拳)

L’Art interne du Vide originel

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Le Qi Gong Wuji Quan 氣功無極拳 est un art martial thérapeutique qui réunit le Qi Gong, le Tuina, le Nei Dan et les principes de la médecine traditionnelle chinoise. J’en suis le fondateur, ainsi que du Xuan Wu Ling Dao 玄武靈道, l’une de ses pratiques fondamentales.

Sa pratique développe le relâchement, la mobilité, l’équilibre et une manière plus naturelle d’utiliser son corps. Elle peut être utile aussi bien aux thérapeutes qu’aux pratiquants d’arts martiaux, car elle repose sur une même connaissance du corps, du mouvement et du contact.

 

Dans son nom, Qi Gong 氣功 désigne la pratique du Qi 氣, Wuji 無極 le Vide originel, l’indifférencié, et Quan 拳, littéralement « poing », désigne ici un art du corps et du mouvement.

Le thérapeutique et le martial

 

Le Tuina 推拿 y occupe une place importante parce qu’il apprend à connaître le corps par le contact : sentir une tension, une articulation, une direction, mais aussi comprendre comment une action précise peut se répercuter sur l’ensemble.

Cette connaissance peut servir à libérer un mouvement, à accompagner une force ou à neutraliser une action. La main qui soigne et celle qui protège ne viennent pas de deux savoirs différents : elles reposent sur la même connaissance du corps.

 

Le thérapeutique et le martial ne sont donc pas séparés. Une mobilisation peut devenir contrôle, une poussée peut être accompagnée puis transformée, une saisie peut devenir écoute de l’articulation. Le principe reste le même : sentir ce qui se passe dans le contact et répondre sans ajouter de force inutile.

Une pratique intérieure

 

La dimension profonde du Qi Gong Wuji Quan est le Nei Dan 內丹, l’Alchimie interne taoïste.

 

Le corps se relâche, la respiration devient progressivement plus longue, plus profonde et plus silencieuse, le Qi circule plus harmonieusement et le mouvement retrouve son naturel. Les San Bao 三寶, les Trois Trésors — Jing 精, Qi 氣 et Shen 神 — participent à cette transformation.

 

Le Houtian 後天, ce qui est acquis et conditionné, se transforme ; le Xiantian 先天, l’originel, se révèle. Il ne s’agit pas d’accumuler toujours davantage, mais de laisser tomber progressivement ce qui empêche le naturel d’apparaître.

 

L’unité n’est pas quelque chose à fabriquer. Elle est déjà là. Le Nei Dan purifie ce qui la voile.

 

Toute pratique est purification et prière. Cette prière se vit dans le corps, dans la manière de se tenir, de respirer, de marcher, de toucher, d’écouter et de prendre soin.

Du Wuji naissent les formes

 

Le Dao 道 est le Divin, la Réalité une dont rien n’est séparé. Du Wuji 無極 se manifeste le Yin/Yang 陰陽 ; de leurs transformations apparaissent les dix mille êtres.

Dans le Qi Gong Wuji Quan, toutes les formes et toutes les techniques naissent de cette même origine. Le Wuji Zhuang 無極樁, les marches, les spirales, les transformations des paumes, les Liu He 六合, la pratique à deux, le Tuina et les instruments traditionnels ne sont pas des pratiques indépendantes.

 

Le corps devient progressivement plus uni. Les différentes parties cessent d’agir isolément et le mouvement peut traverser l’ensemble du corps. Les marches portent cette unité dans le déplacement, les spirales apparaissent dans les transformations du corps et les paumes peuvent recevoir, accompagner, ouvrir, fermer, monter, descendre, séparer ou réunir.

 

La forme extérieure naît du mouvement intérieur.

 

L’eau ne cherche pas son chemin. Elle épouse ce qu’elle rencontre et poursuit son mouvement. Il en est ainsi de la Voie.

Xuan Wu Ling Dao 玄武靈道

 

Le Xuan Wu Ling Dao 玄武靈道 appartient au Qi Gong Wuji Quan.

  • Xuanwu 玄武 est une figure sacrée de la tradition chinoise, profondément liée au taoïsme et à Wudang.

  • Ling 靈 évoque le subtil, le spirituel et le vivant.

  • Dao 道 désigne le Divin.

Les animaux sont des portes vers les transformations. La forme est d’abord apprise, puis son principe s’incarne dans le corps. Lorsque le principe devient vivant, il n’est plus nécessaire de rester enfermé dans une forme fixe.

  • Xuanwu 玄武 — la Tortue noire enlacée du Serpent

Xuanwu manifeste la profondeur, l’enracinement, l’axe, la stabilité et l’union du Yin et du Yang.

  • Le Tigre blanc 

Le Tigre développe la structure, la stabilité, la force calme et une présence corporelle entière.

  • Le Dragon vert 

Le Dragon manifeste la spirale, l’ondulation, la mobilité, la circulation du Qi et la transformation continue.

  • Le Phénix rouge

Le Phénix accompagne l’ouverture, la transformation, le rayonnement et l’affinement du mouvement intérieur.

  • La Grue blanche 

La Grue manifeste la légèreté, la finesse, le calme et le silence.

Lorsque leurs principes deviennent vivants, les animaux cessent d’être vécus comme des formes séparées. Leurs qualités peuvent se rencontrer, se transformer et apparaître librement selon ce qui advient.

La pratique à deux

 

Le partenaire n’est pas là pour opposer sa force à la nôtre. Il révèle ce qui se passe réellement dans notre corps : les tensions, les ruptures d’axe, les réactions inutiles et la manière dont nous répondons au contact.

 

La pratique à deux développe l’écoute, le suivi et la transformation. On apprend à sentir avant d’agir, à accompagner plutôt qu’à résister immédiatement et à laisser le corps entier répondre au lieu de faire intervenir uniquement les bras.

 

Le Tuina retrouve ici naturellement sa dimension martiale, et le martial conserve la qualité d’écoute du Tuina. Mouvement, protection et soin naissent d’une même connaissance du corps.

Les instruments traditionnels

 

Les instruments prolongent le corps. Ils montrent très vite si le mouvement vient réellement de l’ensemble ou si les bras agissent seuls.

 

  • Le bâton 棍, introduit dès la première année, développe l’enracinement, l’axe, la continuité et la transmission du mouvement par le corps entier.

  • Le Fu Chen 拂塵, étudié à partir de la deuxième année, demande souplesse, continuité et finesse. Symboliquement, il balaie la poussière intérieure : agitation, attachements et tensions.

  • L’épée 劍, étudiée à partir de la troisième année, demande précision, clarté et stabilité du Shen.

 

Avec le temps, l’instrument cesse d’être vécu comme quelque chose d’extérieur. Le mouvement traverse le corps et se prolonge naturellement dans le bâton, le Fu Chen ou l’épée.

Lorsque la technique devient vivante

 

Une technique apprise reste une forme. Lorsqu’un principe est réellement intégré, il peut apparaître sous différentes formes sans que l’on ait besoin de les préparer à l’avance.

 

Marches, spirales, paumes, changements d’orientation, contacts et mobilisations peuvent alors se transformer selon ce qui advient. La forme apparaît lorsqu’elle est nécessaire, accomplit sa fonction puis s’efface.

 

Les techniques naissent du Wuji.

 

Plus la pratique devient profonde, moins il est nécessaire de rechercher la technique pour elle-même.

Aimer et protéger le vivant

 

L’Homme, le Ciel, la Terre et les dix mille êtres sont manifestations du même Dao. Il n’y a donc pas, d’un côté, une pratique spirituelle et, de l’autre, la manière dont nous agissons avec le vivant.

 

Écouter, accompagner, protéger et prendre soin font partie de la Voie.

 

La connaissance du corps n’a pas seulement pour fonction de développer une capacité technique. Elle donne aussi la responsabilité de savoir quand agir, comment agir et quand ne pas agir.

合道 Hédào — la Reconnaissance

 

Lorsque les tensions s’effacent, le naturel apparaît. Lorsque la technique s’oublie, le principe demeure. Lorsque celui qui pratique s’oublie, le Dao reconnaît le Dao.

 

Dans le Qi Gong Wuji Quan, 合道 Hédào est la Reconnaissance : le Dao reconnaît le Dao.

 

Il n’y a rien à réunir qui aurait réellement été séparé.

Il n’y a que le Dao.

 

Du Wuji 無極 naissent les formes.

Le Nei Dan 內丹 purifie et transforme.

Dans l’unité, le Dao 道 s’exprime.

合道 Hédào : le Dao reconnaît le Dao.

無極化形歸道歌

Wújí Huà Xíng Guī Dào Gē

Chant du Wuji, de la transformation des formes et du retour au Dao

Du Wuji naissent toutes les formes
無極生萬形
Wújí Shēng Wàn Xíng

Ne fixe ton attention nulle part et partout en même temps
心無所著,亦無處不在
Xīn Wú Suǒ Zhuó, Yì Wú Chù Bù Zài

Lorsque le Shen révèle sa quiétude dans le Vide
神於無極中顯其寂
Shén Yú Wújí Zhōng Xiǎn Qí Jì

Yin/Yang se transforment naturellement
陰陽自然相化
Yīn Yáng Zì Rán Xiāng Huà

Le mouvement naît du Vide et ne le quitte jamais
動生於無極,未嘗離之
Dòng Shēng Yú Wújí, Wèi Cháng Lí Zhī

Les transformations se suivent
變化相續
Biàn Huà Xiāng Xù

Ne t’attache pas au Vide, dissous-le
莫執無極,亦化無極
Mò Zhí Wújí, Yì Huà Wújí

Car il est encore un voile qui obscurcit le Dao
無極猶為蔽道之翳
Wújí Yóu Wéi Bì Dào Zhī Yì

Le Dao est la Mère, le Vide est sa matrice
道為母,無極為其胎
Dào Wéi Mǔ, Wújí Wéi Qí Tāi

Ludovic Lopes
Fondateur du Qi Gong Wuji Quan 氣功無極拳
Fondateur du Xuan Wu Ling Dao 玄武靈道

Wuji Quan
L'Art du Qi Gong
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